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Adolescence, Orientation et Handicap

  • Photo du rédacteur: Malory Le Poittevin
    Malory Le Poittevin
  • 11 mars
  • 4 min de lecture

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, je suis éducatrice spécialisée formée plus spécifiquement à l'accompagnement vers l'insertion professionnelle de tous les publics, surtout les personnes dites « vulnérables ».


Lorsqu’on parle d’adolescents, la population associe l’insertion professionnelle à la notion d’orientation professionnelle. Je vous parle d’un parcours complexe avec de nombreux questionnements à une période de la vie déjà chamboulée par de multiples changements. Néanmoins, une question reste récurrente pour ces jeunes :


Qu’est-ce que je vais faire plus tard ?


Mais comment ça se passe si l’adolescent en question est en situation de handicap ? Ce parcours complexe devient souvent un parcours du combattant : un combat pour trouver sa voie et un combat contre les préjugés de la société.



J’ai choisi de vous présenter Mickaël pour illustrer des difficultés et des possibilités.


Ce jeune homme a 17 ans, il a un diagnostic TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme) en poche, sans déficience intellectuelle. Il est scolarisé en milieu ordinaire, au lycée. Il se questionne sur son avenir. Il sait qu’il est capable de travailler, il est motivé. Il aime le football comme de nombreux ados et ça serait génial de pouvoir en faire un métier mais il est réaliste et pragmatique.


  • Réaliste parce qu’il est déjà conscient des freins existants pour lui et des limites qu’il s’est déjà fixées.


  • Pragmatique parce que Michaël se dit que « l’important c’est de pouvoir gagner sa vie pour se loger et manger ». Alors si le domaine du sport ne reste qu’une passion, il est prêt à faire n’importe quel métier, pourvu qu’il ait du temps libre à consacrer à celle-ci.


Il a d’abord tenté la filière générale, avec l’aide d’une AESH (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap). Ses résultats étaient en berne. Comme j’ai souvent pu le constater pour les jeunes avec TSA, l’importance du sens et du concret est primordiale. La filière dite générale est par définition peu concrète dans sa finalité puisque l’obtention du baccalauréat général ne donne pas accès à un travail ou un métier en particulier, il donne accès à d’autres études.


Afin d’évaluer le projet scolaire du jeune, une ESS (Equipe de Suivi de Scolarisation) a eu lieu. C’est une rencontre où l’équipe éducative du lycée, Mickaël, ses représentants légaux et autres intervenants comme l’éducatrice spécialisée du jeune sont présents. Les professeurs ont mis en avant les difficultés de Mickaël.


Ensemble, lors de cette réunion, il est nécessaire d’identifier les besoins du jeune et de faire des propositions d’aménagements si la situation se dégrade. Mickaël est présent pour pouvoir s’exprimer, mais le nombre d’interlocuteurs est trop important pour lui. Il est mal à l’aise et progressivement découragé. Noyé sous des informations abstraites, il n’a pas compris les décisions qui ont été prises.


A partir de ce moment, Mickaël a décroché… Un PAFI (Parcours Aménagé de Formation Initiale) a été mis en place mais il n’arrivait plus à se rendre au lycée.


Avec un accompagnement éducatif et le soutien de ses proches, l’année suivante, il a tenté une filière professionnelle qui lui plaît et ses résultats sont encourageants. Néanmoins, sa scolarité dans sa spécialité ne peut que se poursuivre en internat dans une autre agglomération : loin de sa vie, ses proches, ses repères, ses soins, son équilibre déjà fragile.


Une personne TSA peut être en grande difficulté face aux changements et le système scolaire lui a montré à plusieurs reprises qu’il n’était pas fait pour lui puisqu’il lui demande sans arrêt de s’adapter, plus qu’il ne le peut malheureusement.


Cela influence sa santé mentale qui se dégrade.


Attentive, je lui rappelle l’importance de son suivi psychologique. Je l’oriente, soutien ses proches et leurs explique ce qu’il est possible pour lui sur notre territoire du Cotentin :


  • Encore scolarisé dans un établissement de l’éducation nationale, le jeune et sa famille peuvent s’adresser à l’équipe éducative du lycée et au CIO (Centre d’Information de d’Orientation). A Cherbourg, les conseillères sont disponibles sur rendez-vous dans l’établissement scolaire ou au CIO. Sur place, il y a un centre de ressource qui peut être consulté par tous.


  • Il peut avoir un nouveau PAFI qui a pour but d’éviter le décrochage scolaire pour les jeunes de 15 à 18 ans.


  • Le lycée peut solliciter la MLDS (Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire) pour proposer un accompagnement renforcé afin de travailler le projet professionnel du jeune.


  • Si le jeune n’adhère pas aux options précédentes, il peut choisir de démissionner du système scolaire avec l’accord de ses parents et en respectant la procédure correspondante avec divers rencontres avec l’établissement scolaire.


A partir de là, il pourra bénéficier d’un accompagnement de la Mission Locale, un service pour les 16-25 ans gérés par la MEF (Maison de l’Emploi et de la Formation). Cet accompagnement nécessite que le jeune soit motivé, acteur et un minimum autonome.


Il pourrait aussi choisir de rentrer dans la vie active s’il trouve un emploi qui correspond à ses compétences actuelles et ses attentes.


Parallèlement, Mickaël, en tant que personne en situation de handicap, pourra demander ou renouveler les prestations liés à son handicap comme :

  • la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé), une reconnaissance qui permet de bénéficier d'un ensemble de mesures favorisant le maintien dans l'emploi ou l'accès à un nouvel emploi.

  • des orientations vers certains services médico-sociaux pour l’accompagner dans ses démarches comme le PRSA (Pôle de Ressources et de Services Adaptés) par exemple.


    Ces prestations détendent de la CDAPH (Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées) qui décide des droits de la personne en situation de handicap à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).


En tant qu’éducatrice spécialisée exerçant en libéral, je propose un accompagnement personnalisé.

Mon travail consiste, entre autres, à connaître ce qui existe sur mon territoire ou, de savoir où trouver ces informations. Je dois les transmettre en fonction des besoins des individus qui s’adressent à moi. Cela pour permettre à la personne de faire ses choix. Je l’accompagne elle et ses responsables légaux, nous identifions ensemble les freins périphériques qui peuvent entraver la réalisation d’un projet professionnel. Je les accompagne dans la mise en œuvre des objectifs de son projet tel que le développement de stratégies d’adaptation, ou de compétences par exemple.



Pour plus d'informations :

 
 
 

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