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Les liens familiaux et le travail social

  • Photo du rédacteur: Malory Le Poittevin
    Malory Le Poittevin
  • 5 oct.
  • 4 min de lecture

En tant que travailleurs sociaux, quel est notre rôle auprès des familles ?


Dans un rapport lié au secteur de la protection de l’enfance, on distingue trois formes d’interactions possibles entre les parents et les professionnels :


  • Le travail pour les parents qui consiste à faire à leur place, sans prendre en considération leurs choix ou leurs attentes ; je pense qu’il est possible de modérer ce propos et j’ai des exemples pour illustrer cela en fin de post.

  • Le travail sur les parents qui consiste à faire en sorte qu’ils répondent à un modèle donné. L’intervention et le projet d’accompagnement est alors centré sur les parents ;

  • Le travail avec les parents qui suppose une relation, un accompagnement, une association. Il s’agit de les prendre en compte et de les amener à rechercher des réponses adaptées.


Pour ma part, mon expérience professionnelle m’a davantage amené à ce travail de collaboration avec les familles. Néanmoins, cela dépend de chaque situation.

Ces postures sont définies par les besoins des personnes et par l’environnement du professionnel : les missions définies, les lois ou réglementation par exemple. Ce cadre influence la pratique de chacun.


En tant qu’éducatrice spécialisée travaillant en libéral, j’exerce évidemment en respectant la législation et les règles déontologiques et éthiques propres à mon métier de travailleuse sociale. En tant qu’indépendant, il existe aussi une certaine forme de liberté de pratique professionnelle.


Plus précisément, je m’adresse avant tout à la personne que j’accompagne et fait en fonction d’elle, de ses compétences, de ses choix et bien sûr de mes compétences. Je fais un état des lieux de ses besoins et j’argumente mes stratégies éducatives en fonction des priorités établies ensemble.


Je la questionne sur les personnes qu’elle identifie comme « ressource » : les personnes en qui elle a confiance, qui peuvent la soutenir et l’aider dans différentes situations. Il s’avère que régulièrement, les proches identifiés comme « ressource » dans le champ du handicap sont des personnes de la famille.  Souvent ce sont les parents ou les frères et sœurs par exemple.



Ce travail pour / sur / avec la famille peut prendre différentes formes, on l’a abordé de manière théorique mais en pratique, j’ai eu envie de vous donner deux exemples pour illustrer le champ des possibles dans le secteur social. Dans ces récits, tous les prénoms ont été modifiés pour respecter l’anonymat des personnes.



En premier, je choisis de vous parler de Victorine.

Je l’accompagne depuis plusieurs mois, c’est une jeune femme en situation de handicap, elle a des troubles neurologiques. Elle est maman d’un enfant qu’on appellera Camille, il a moins de 3 ans. Ici, pour l’éducatrice que je suis, le lien à développer et à maintenir est celui de mère/enfant.


En effet, même s'il s’avère que cette jeune maman n’est actuellement pas en capacité de s’occuper de Camille au quotidien ni de l’accueillir à son domicile, Victorine manifeste le souhait d’être présente pour lui. Il est difficile pour elle de s’exprimer et d’avoir une communication adaptée à son enfant. Il est actuellement placé en famille d’accueil.


Mon rôle, selon moi, est de soutenir cette dernière en respectant les décisions judiciaires mises en place pour protéger son enfant. Je réfléchi avec elle afin de trouver des stratégies pour conserver et entretenir ce lien.


Récemment, je l’ai aidé à fabriquer une carte et à choisir les mots à écrire dessus. Elle a pu ensuite l’envoyer par courrier à la famille d’accueil où vit Camille. Dans l’accompagnement que je propose, c’est un moyen parmi d’autre pour répondre au besoin de cette jeune femme et maintenir le lien familial. A force de répétition et d’apprentissage, Victorine deviendra peut-être autonome pour écrire de petits messages à Camille.



En second, je souhaite vous présenter le travail que je fais auprès de Régine.

Ce sont ses enfants qui sont venus vers moi. Régine est accueillie en maison de retraite et souffre de la maladie d’Alzheimer. Ses enfants en sont très proches mais ne vivent pas forcément auprès d’elle. Selon eux, le temps qu’ils consacrent à leur mère n’est pas suffisant pour qu’elle soit épanouie. Malgré les animations proposées à l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), Régine exprime son ennui et manifeste des signes de tristesse.


C’est dans ce contexte que les enfants m’ont demandé d’intervenir. Je propose différentes activités personnalisées à Régine, on discute de ses sujets de prédilection, on rigole, on sort… Je suis attentive à elle, en dehors du collectif de son lieu de résidence.


Mon regard et mon expertise en tant qu’éducatrice spécialisée rassurent les proches de Régine à plusieurs égards. Aussi, je leur envoie quelques photos des moments passés, avec leur mère, une trace qui peut servir la mémoire de Régine. Elle a aussi un cahier de liaison où je raconte brièvement nos séances, cela afin d’aider Régine à se remémorer. Une image associée à des commentaires, qui fait le lien pour discuter entre eux. Un autre moyen de faire le lien entre les membres d’une même famille.


Plus largement, je conclurai sur une phrase du référentiel professionnel du métier d’éducateur spécialisé : « Il contribue au processus de socialisation et d’autonomie des personnes. Il favorise le renforcement des liens sociaux et des solidarités dans l’environnement des personnes et de la société ». C’est aussi pour ça que je m’efforce de partager et d’illustrer mon travail…


ree


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